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Toi à qui j’ai transmis la passion du vol depuis ton plus jeune âge, et qui m’a, oh ! combien dépassé…..
Ai-je eu tord ?    Ai-je eu raison ?
Raison sans aucun doute, Quand je voyais en vol l’immense bonheur illuminer tes yeux.
Tord sans doute, quand je vois l’immense chagrin qui envahit mon cœur, celui de ta maman, celui de ton frère Valentin, d’Anaïs ton amour, de toute ta famille et de la multitude d’amis qui t’entourent aujourd’hui.
Toi qui a vécu à peine 23 ans, mais se furent 23 années pleinement remplies.
Malheureusement d’autres peuvent vivre bien plus longtemps sans avoir la chance de connaître une vie aussi riche, aussi intense, aussi remplie d’émotions  que la tienne.
Tu as survolé les plus beaux paysages, parcouru la France du Sud au Nord, d’Est en Ouest, survolé les plus magnifiques massifs.
Le matin même du départ du tour ULM, tu étais encore au dessus du Mont Blanc à 5200m, des Alpes, du Vercors.
Tes yeux se sont encore émerveillés au dessus des Pyrénées, de la mer, de l’océan, de l’Espagne,  l’Italie, la Croatie, la Hongrie ou nous avons fait du paramoteur ensemble avec Georges, de l’Afrique du Nord et puis du désert en ULM mais aussi en quad, et tous ces sites où nous avons volé tous les 2 en parapente.
Tu es même allé jusqu’en Russie avec ton professeur d’escalade Jean-Noël  Marty emporté lui aussi dans sa passion. Tu l’aimais, il t’aimait, tu en avais été très affecté.
Passionné de ski depuis ton plus jeune âge, tu deviens moniteur à l’école de ski  d’Avoriaz, mais comme ta passion du vol est encore plus forte tu te mets une petite voile au dessus de la tête pour dévaler les pentes les plus abruptes, d’abord sur Avoriaz puis dans les plus beaux sites de Chamonix , les plus beaux glaciers, allant même jusqu’ en Suisse aux Diablerets et bien sûr  la célèbre Face Nord de l’Aiguille du Midi que tu connaissais par cœur et où tu t’es permis le culot de dévaler le glacier  avec Anaïs ton amour en speed-riding biplace, chose encore jamais tentée à ce jour.
Tu as côtoyé les plus grands champions  ils commençaient d’ailleurs à se faire du souci en te voyant arriver pour les compétitions de l’hiver prochain.
Albert notre ami à qui nous t’avons confié pour t’apprendre à voler en parapente ne me contredira pas.
Peut être, étais-tu d’ailleurs un peu trop doué.
Ta jeunesse, ta fougue ont elles eu raison de ta vie ? Tu n’écoutais plus mes recommandations, ni même les toutes dernières de ta maman.
Je sentais que tu étais en danger, mais le ciel t’attirait tellement que nous ne pouvions plus rien faire pour te retenir.
Tu voulais toujours  jouer, toujours jouer avec le ciel comme Jonathan le Goéland
Avec le ciel tu dessinais des figures….tu dépassais non pas  tes limites car tu maîtrisais cela parfaitement et tu aurais pu devenir un grand Champion comme t’appelaient des copains, mais tu dépassais les limites mécaniques de la machine avec laquelle tu volais, tu faisais cela évidement tout seul pour ton propre plaisir, et toujours à l’ abri des regards.
Tu savais transmettre ta passion à tes élèves qui t aimaient beaucoup et  à qui tu vas beaucoup manquer.
Tu me disais souvent quand il faisait beau, « papa tu me largues ce soir, papa tu me largues ce soir » …. Alors, à force d’insister nous y allions.
Lorsque je prétextais une bonne excuse pour ne pas t’emmener, c’est en toute complicité que ton frère Valentin te montait à 3000 m.
Le sourire éclatant de bonheur que tu nous lançais au visage  avant de t’élancer dans le vide et planer dans les airs nous émerveillait.
J’étais heureux pour toi, mais si inquiet à la fois …
L’ulm ne te suffisait pas, tu te faisais larguer également en parapente au dessus de Morzine avec ton frère de cœur Gaétan avec lequel tu as passé de sacrés bons moments, en vol et en scooter des neiges, son père était également mon frère de cœur et il est parti lui aussi. Quelle terrible correspondance.
Nos survols sur le Vercors côte à côte en ULM… quel bonheur intense mon fils ! Je n’oublierai jamais ces images.
Mon petit oiseau, comment allons nous faire pour vivre sans toi, je continuerai à voler, c’est promis, pour moi, mais aussi pour toi car je sais que tu ne comprendrais pas que j’arrête à cause de ton départ.
Je volerai toujours en pensant à toi je te chercherai au coin des nuages, je sais que tu y seras et que tu m’observeras, mon ange.
Anthony je te remercie de m’avoir fait partager autant de bonheur avec toi.
Je suis très Fier de toi mon fils, j’aurais simplement aimé que cela dure un peu plus longtemps mon Anthony.
Tu es allé rejoindre ton idole Valery Montant, nos amis Raphaël, Denis…
Ils t’attendent là haut les bras grand ouverts.
Ce besoin de l’extrême tu l’avais en toi, certains ne  le comprendront jamais mais tant pis …
Nous qui t’aimons, nous te comprenons parfaitement et nous ne t’en voulons pas mon ange,         
                              
                                                                                                           Ton Père qui T’aime à l’infini......
Mon fils, mon Anthony ...